Histoire de l'éducation spéciale


Introduction



Si l’histoire de l’éducation spécialisée commence au XIX° siècle elle a été précédée par tout un cheminement social où la religion, l’économie, la philosophie, sont engagées.
C’est pourquoi nous allons partager ce cheminement en deux parties: avant et après le XIX° siècle.

Nous allons commencer par une mise au point sur les termes employés pour nommer les personnes handicapés:
Les variations qu’ils ont subit est significative déjà de deux choses: c’est que très régulièrement on a tenté de les nommer c’est à dire de les faire exister, mais aussi que l’on a pas trouvé de terme définitif dans la mesure où on en trouvera un jour... ces termes sont représentatifs de la façon dont on percevait les personnes atteintes de déficience. Comme s’ils ne pouvaient exister qu’en fonction de la perception qu’on en a! Mais un être humain peut-il exister que par lui même?

- Dans l’antiquité  ” l’a-mentia” signifie: privé d’esprit. Pour les juristes ils doivent bénéficier de mesure de protection... C’est un trouble de la raison et du jugement. Cela diffère de la stupidité.

- Idiot signifie: solitaire. Pour les grecs, c’est l’homme privé qui ne se mêle pas des affaires publiques, à partir de là c’est un homme simple, ignorant, illettré. En 1752 c’est un homme fort ignorant. Pinel va retenir le mot: “ idiot” comme l’abolition des fonctions de compréhension et du coeur, que l’origine soit congénitale ou accidentelle. En 1818 Esquirol décrète que chez l’idiot, les facultés ne se sont jamais manifestées, cela commence avec la vie. Il y a aussi malformation. Son intelligence ne peut produire, les instruments sont défectueux. Ce sont “ des incurables ”. Ce qui sous entend qu’ils ne peuvent pas bénéficier de soins.
-Il fait la distinction avec les imbéciles, légèrement atteints qui peuvent vivre dans un milieu frustre. Ces derniers ne savent pas compter jusque 20 deniers, ne peuvent retenir le nom de leur père, leur âge... signifie faible, sot, innocent. Pour les juristes il ne peut disposer de ses biens s’il n’a pas l’intelligence d’un enfant de 14 ans. Il est donc comme un enfant !

-Crétin vient de chrétien . On dénomme ainsi ceux qui originaires du bas Valois sont appelés aussi les “crétins des Alpes”.
-Lorsque L’abbé Grimaux au XIX° siècle va donner le nom d’anormaux c’est: ” parce que le terme est plus vrai, plus charitable, plus doux que ceux d’idiot, d’imbécile, de crétin, de niais, ce sont des sujets qui demandent des soins spéciaux.” En 1936 l’on va remplacer le terme d’inadapté par arriéré car c’est plus respectueux...( A. Descoeudres collaboratrice de Decroly “ Le développement de l’enfant de 2 à 6 ans ”).

Il y a aussi:

-Taré qui est une personne atteinte de maladie héréditaire grave Mais aussi tare désigne le poids mis pour équilibré dans un plateau le poids de ce qui est en face. Similitude avec handicap. Ce serait une notion de réajustement...

-Abrutit signifie : stupide, personne sans intelligence
-Débile: faible physiquement, qui est devenu faible d’esprit


Pour les handicapés moteurs:

-Invalides: lié à la notion de valide, valable, compétent.

-Boiteux: lié à l’allure, ainsi que bancal.
Actuellement, la remise en cause de l’identité de la personne concernée par une maladie chronique où la guérison totale n’est pas envisageable. On veut prendre en considération, par contre le changement de vie que cela entraîne, la définition se voudra “objective” pour que la personne ne se sente pas atteinte On a donc établit un processus de définition qui va de la déficience qui se veut un terme neutre, celle çi entraînant une incapacité et un désavantageMais tout ceci est bien compliqué et qu’en pensent les personnes concernées ???
La façon dont les différentes périodes on perçut le handicap nous permettra de voir comment la rééducation a pris tant d'importance.



L’éducation des enfants handicapés

 


a été précédée de toute une histoire dont je vais commencer par vous donner un court aperçu.
Elle est le fruit non seulement de la perception qu’on a pu en avoir au cours des ans en lui donnant soit un sens, soit une place... c’est aussi le fruit du cheminement de la pensée humaine et surtout le résultat de l’action de quelques personnes.
Les différentes réactions sont souvent le reflet du sens que chaque époque a tenté donner à l’enfant et l’adulte handicapés,(mais ici nous parlerons plus de l’enfant) la place qu’elle leur a reconnu, même en voulant l’éliminer, reflétait les idées religieuses, sociales, économiques, philosophiques, de l’époque.
La place du déficient dépend de différentes données qui varient d’une époque à l’autre et que nous ne pouvons pas juger, puisque nous n’avons pas les mêmes critères de valeur, de plus même durant la même époque il peut y avoir des attitudes contradictoires.
Que pensera t-on de nous dans quelques centaines d’années? et surtout que pensera t-on de nos prétentions actuelles?
Certaines attitudes ne sont-elles pas fondamentales, ne reviennent-elles pas régulièrement comme l’exclusion, la peur...
Nous n’avons comme traces historiques que des documents que nous interprétons tant bien que mal. La bibliographie dont nous disposons, si elle a fait l’objet de travaux importants n’est pas très nombreuse et certains ouvrages qui ont recueilli des documents et les ont interprété étant le choix de l’auteur ou de ses possibilités de consultation sont marqués des ses propres interprétations.
N’importe comment on peut dire qu’aucune époque et pays n’a été indifférente à ce que nous appelons aujourd’hui la déficience mentale et physique.
Il y a une sorte de loi dans cette histoire c’est que la personne handicapée s’est peu à peu différenciée des autres personnes qui faisaient l’objet de rejet, de ségrégation, de peur, d’études
Car il y eu des époques où le déficient mental était confondu avec les déments, le pauvre, l’oisif, l’infirme... et même le délinquant!
Donc son histoire est en même temps l’histoire de son émergence parmi d’autres déficiences ou problèmes humains, que nous n’oserions plus confondre.
Nous sommes à l’époque du classement, de l’organisation scientifique. On pourrait imaginer que les polyhandicapés se retrouvent tantôt avec les handicapés moteurs, tantôt avec les déficients mentaux puisqu’ils cumulent les deux, non! ne faisant partie d’aucune catégorie parce qu’il faisaient partie des deux on a créé une autre catégorie qui les dissocie d’ailleurs d’autres personnes atteintes elles aussi de plusieurs handicaps, mais agencés différemment... le mélange parait inadmissible actuellement pourtant il a existé il n’y a pas si longtemps...
Et on justifie cette organisation en disant que le mode d’approche n’est pas le même, puisque le handicap n’est pas le même.
Dans l’histoire de la personne handicapée on peut voir qu’elle voyage en quelque sorte d’une place à l’autre, d’une institution à l’autre, entre le spirituel et le scientifique et que peut-être le périple n’est pas fini.

L’attitude de rejet, de déroute, de questionnement est constante à chaque époque on y assiste encore dans les établissements amenés par je ne sais “quel contretemps malin” à ouvrir une section de polyhandicapés. C’est intéressant de voir comment cette section est perçue par les autres. Je pense que cette réaction existera toujours et je pense que nous devons la prendre en considération pour nous ouvrir à autre chose.
L’existence de la personne handicapée est provocatrice. De quoi? pourquoi? il n’y a qu’à le voir pour chacun d’entre nous



Avant le 19°siècle



Antiquité

On a retrouvé sur des tablettes de terre cuite concernant les sciences divinatoires, des informations sur la monstrologie babylonienne qui établissait trois classes: monstre par excès comme l’hydrocéphalie, monstre par défaut par réduction de taille... monstres doubles. Mais ces classification servaient pour prédire l’avenir.

Sparta ruinsLes Spartiates exposaient leurs nouveau-nés difformes au pied du mont Tégétus. Leur difformité était codifiée et avait un sens, elle représentait la colère des dieux. Cette exposition avait pour but d’apaiser le courroux divin, les humains laissaient le soin aux dieux de décider de la survie de l’enfant.
Longtemps cette idée de courroux divin sera attachée à la naissance d’un enfant handicapé.

Spartes (ruines)

A Athènes, Platon et Aristote déjà envisagent l’élimination des enfants qui naissent mutilés.
Cela n’empêche pas qu’on trouve des handicapés sur les marchés… La coutume voulait que dans les famille riches il y ait des esclaves retardés mentaux ou difformes et même plus tard dans certaines cours il y avait l’habitude d’avoir des enfant ou adultes difformes. Etait-ce comme mascotte, pour se protéger des maléfices et influences malveillantes, ou un rappel d’humilité ou pour se dire que l’on est plus beau, pour exalter le contre point de l’intelligence, simple amusement, ou tout à la fois?
Hippocrate marque un changement important il affirme clairement par rapport à l’épilepsie:"La maladie dite sacrée n’est pas dans mon opinion, plus divine ou plus sacrée que d’autres maladies, mais possède une cause naturelle et son origine supposée divine est due à l’inexpérience des hommes et à son émerveillement devant un caractère particulier."
A Rome, d’après Sénèque il s’agit de séparer des parties saines celles qui peuvent les corrompre. Le sens est différent, ce serait une sorte de défense vis à vis d’une contagion.. La mère d’un enfant difforme faisait l’objet d’un cérémonie de purification.

Le monde Egyptien marque une profonde différence: le corps est le véhicule des
âmes. Il semble que les infirmes physique aient eu des fonctions importantes on trouve des représentations de nains, bossus, aveugles. Les handicapés mentaux ne faisaient pas l’objet d’une exclusion.

Le monde chrétien, le pré moyen age et le moyen age:

L’Evangile décrit la compassion de J.C. envers les malades et les infirmes.
L’infanticide sera condamné au 4° siècle
On encourage les femmes qui désirent abandonner leurs enfants à les laisser à l’église. Charlemagne décrète que les enfants recueillis par les ordres religieux deviendront des serfs. Un système se dessine ils ont ainsi une place.
En l’an 1000 à Byzance un centre comprenant 7000 lits destinés à toutes sortes d’handicapés
Certains monastères se spécialiseront pour les groupes marginaux et seront à l’origine des hospices. hopital-st-pons-3.JPGSaint Louis va créer les " 15-20 " pour les aveugles. ( en 1254)
Après de nombreuses difficultés qui marquent la fin du 14° siècle, époque où on a mis les cimetière en dehors des villes après famines guerres épidémie, la foi avait souffert le nombre des indigents augmente, des bandes s’organisent. L’homme se détourne de Dieu.
C’est l’aube de l’humanisme. L’être humain va prendre un autre sens.
L’exclusion s’organise ainsi que la répression et les handicapés sont mis dans le même bain que les malfaiteurs; les mendiants...En effet on les confond avec les mendiants, ils sont chassés et fouettés.
Le handicap mental sera identifié au péché pendant des siècles. Saint Thomas d’Aquin vers 1520 va affirmer que: "l’imbécillité n’est pas à être liée au péché". Cela n’empêche pas de les appeler "innocent", c’est pourquoi il y a des contradictions.

Par rapport à un courant de pensée plus large à partir du XVI° siècle les voyages montrent que les hommes civilisés ou sauvages, de couleur différente sont sur un modèle commun. Voir la "Controverse de Valladolid" avec Las Casas. On l’on se demande si les indiens sont des hommes. La référence étant sont-ils à l’image de Dieu? après voir chercher s’ils avaient le sens de l’humour, s’ils aiment leur femme...Plus tard on ira jusque la notion de" bon sauvage" qui sera la base de l’intérêt que l’on portera à l’enfant sauvage: Victor.
Montaigne écrira:" Ceux qui nous appelons "montres" ne le sont pas à Dieu, nous appelons contre nature ce qui est contre la coutume".
Saint François d’Assise transforme le pauvre en un être sacré. Donc aider les affligés est un signe de religiosité et moralité.
Comenius va écrire dans " La grande didactique " un texte sur l’accueil des enfants ayant moins d’intelligence que les autres :

"  Quand les esprits sont jeunes, on peut plus facilement remédier à leurs excès et à leurs déficiences . A l'armée, on mêle les conscrits et les vétérans, les gringalets et les costauds, les mous et les actifs; tous vont au combat sous un même chef et sous un même drapeau. De même, il faut, dans les régiments du savoir, mêler les esprits lents et rapides, les obtus et les éveillés, les têtus et les dociles; et aussi longtemps qu'ils auront besoin d'être guidés, ils seront guidés par les mêmes règles et les mêmes exemples. A la sortie de l'école, chacun poursuivra le chemin du savoir à son rythme.
Précisons que, pour les élèves, mêler les esprits implique non seulement qu'ils soient réunis dans la même salle de classe, mais encore qu'ils se prêtent une aide mutuelle. Ainsi, quand le maître remarque un sujet particulièrement doué, qu'il lui confie l'instruction de deux ou trois élèves plus lents; et s'il distingue un enfant d'un bon naturel, qu'il lui confie les plus faibles pour qu'il les surveille et les dirige. "

Prémices de ce qui sera et est encore la base de l’éducation des handicapés.

Le siècle "des lumières" est celui qui va valoriser l’importance du discernement "le penser par sois même" l’aufklaerun des philosophes allemand que Rousseau retransmet bien dans l’Emile quand il présente le résultat de l’éducation qu’il fait.
Le sens de la responsabilité personnelle, l’individu, va être très valorisée et va influencer tout le courant de pensée qui va suivre. La personne humaine va trouver une autre place être moins perçue dans un ensemble plus ou moins harmonieux, un cosmos mais comme un être unique qui va se dissocier de plus en plus de l’ensemble.
L’origine en est le protestantisme et le piétisme. Tout ceci va non seulement donner plus d’importance à l’éducation mais va influencer la pédagogie.
Si nous parlons d’autonomie et de responsabilité aujourd’hui ce n’est pas sans raison.
Parallèlement l’économie bourgeoise prend de l’importance dans les mentalités, le sens de l’utile aussi, argument d’ailleurs que l’on trouve dans la pédagogie.
A l’individu "montré" succède l’individu à corriger, la charité sera remplacée par la nécessité du travail. L’oisiveté est mal vue. Commence les enfermements.
duc-de-Penthievre.jpgC’est ainsi que le Duc de Penthièvre, très croyant, va à la fois bâtir des asiles, fonder des hôpitaux et aussi créer des ateliers.

A partir du XVIII° Tous les marginaux vont être mélangés dans les hôpitaux. On y rassemble les handicapés mentaux, les déments, les indigents. Il y vivent dans des conditions inhumaines. On visitait les hospices pour se distraire .
-Voir " l’histoire de la folie à l’age classique" de Foucault, qui s’intéresse plus à la maladie mentale ,
mais comme les idiots étaient avec...
Par rapport aux mentalités voici ce que l’on peut lire en 1717: "...les tristes exemples des enfants nés avec des marques des imaginations de leurs mères qu’avaient frappées le spectacle des estropiés ou des malades, doivent faire prendre par les magistrats les précautions convenables."

Les traitements

Déjà ils démontrent que l’on s’est occupé des idiots.
Les traitement paraissent barbares mais leur force est contre la folie et non le fou. L’ensemble des soins étaient vigoureux et aussi on prenait pas de précautions contre la douleur qui avait une vertu rédemptrice. On diversifie et on en rajoute, plus on en fait mieux c’est. La théorie des humeur va être à la base la masturbation sera responsable de nombreux maux dont la folie.
On recherche des moyen extraordinaires pour une maladie qui l’est. On soigne le cerveau par des opération ou des chocs dont l’électrochoc. Par exemple il y avait la machine à Centrifuger sorte de meule creuse dans laquelle on installait le malade et le tournait le plus rapidement possible pour "ramener ses pensée vagabondes dans un centre défini
Pour les idiots à partir du moment ou on réalise qu’on ne peut pas les guérir on va les laisser tranquilles. Peu à peu va naître l’idée de l’éducation.

Willis en 1672:
"En ce qui concerne le traitement de l’imbécillité qu’elle soit d’origine congénitale ou bien acquise. On peut tenter de le soigner et il arrive qu’elle rétrocède. Mais ce traitement doit être l’oeuvre conjuguée d’un médecin et d’un maître d’école pour que l’intelligence des enfants ainsi atteint puisse être redressée et qu’ils soient au moins menés jusqu’à l’usage de la raison dans une certaine mesure, et qu’on les arrache ainsi au nombre des brutes."
Ceci nous prépare à la suite où peu à peu l’éducation des handicapés va faire l’objet de nombreuses démarches.



L’éducation des enfants handicapés


les médecins et les pédagogues
Le 19° siècle

La suite va consister sur 2 siècles à faire sortir les handicapés  des asiles,  à les classer, les soigner, les éduquer...
Le médecin aliéniste va naître et aider peu à peu à sauver les handicapés mentaux et malades mentaux à ne plus être perçus comme le mal incarné mais comme des malades dignes d’un diagnostique. On va les classer.
Au début du XIX° siècle va apparaître enfin la notion d’éducation pour les enfants handicapés. Ce sont des gens qui par leur compétence médicale ou leur charisme vont construire les premières notions d’aide.
Les sourds muets seront toujours considérés à part mais serviront de tremplin en même temps.



Dès le 15° siècle éducation de sourds muets



Jacob_Rodrigue_Pereire.JPGPereire
Né en Espagne le 11 avril 1715
Il désire rééduquer sa femme qui est sourde.
Il crée la dactylologie qui est un code de signaux. Aussi il aide à découvrir le fonctionnement et la disposition des organes vocaux; le disciple touche le gosier du maître, imite, répète.
Il va jusqu’à déclarer que l’enfant entend la voix de sa mère dans il est dans son sein . Déjà!!!
Il pense aussi comme on le sait maintenant que l’on entend pas seulement avec les oreilles mais que le toucher est aussi un support de communication par les sons.
Bourneville le reprendra plus tard quand il fera entendre par les vibrations frontales.
Il invente pour les moins sourds un cornet acoustique qui leur permet de se réentendre.
Il reçoit Buffon et Rousseau

Il inaugure l’éducation individuelle car chaque cas est pour lui un fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Jacob_Rodrigue_...cas d’espèce.
Il est un des précurseur de l’éducation sensorielle puisqu’il propose une compensation par le toucher comme plus tard V. Haüy proposera la compensation de la vue par le toucher. Ce qui sera repris plus tard par J. J. Rousseau à qui on attribue habituellement l’éducation sensorielle.
Ses découvertes on été relatées dans un livre écrit par un certain Mr. le Camus. Il y a parlé aussi du goût lié aux facultés de l’esprit comme on le reconnaît maintenant.

Grâce à des démarches de rééducateurs et d’éducateurs durant le XVIII° siècle on apprendra à considérer l’individu. Il s’agira de demander à l’enfant d'apprendre non par rapport aux autre mais par rapport à lui même
Il s’est fait en quelque sorte même pour les enfants normaux un élan, une jonction, entre le physiologique et l’intellectuel qui n’est pas encore complètement conquise.

L’Abbé de l’Épéeeducsp3.jpg
-Né à Versailles en 1712
-Mort à Paris1789
Avocat au parlement de Paris où le hasard le fait rencontrer deux jeunes sourdes muettes dont le P. Vanin prêtre de la doctrine chrétienne avait commencé l’éducation. L’abbé de l’Epée s’applique à les éduquer et faire leur instruction à l’aide de signes conventionnels.
IL fonde par la suite une école de sourds muets
L’assemblée nationale deux ans après sa mort décrète que son nom doit être inscrit parmi les bienfaiteurs de l’humanité
A écrit une instruction des sourds-muets par la voie des signes méthodiques.
Sa méthode sera repris par L’Abbé Sicard

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Valentin Haüy

  qui fonde la première école pour les aveugles en 1784

 

Il présente ses jeunes aveugles à Versailles, "instruits au moyen d'un système de lecture et d'écriture de son invention. De ce moment datait la fondation de l'Institution Royale des Jeunes Aveugles pour laquelle le roi et la cour avaient souscrit généreusement. C'est là que Louis entrera, doté d'une bourse d'études, en février 1819.

L'ancien séminaire de Saint-Firmin, dit maison des Bons Enfants, qui garde encore le souvenir de saint Vincent-de-Paul est bien l'endroit le plus malsain, le plus humide, le plus froid de la capitale. Qu'importe à Louis qui découvre avec délices, les joies de l'étude. Grammaire, histoire, calcul, mathématiques, autant de sujets passionnants.

La méthode de Valentin Haüy était seule en vigueur. Que de volumes, il fallait pour contenir le plus petit manuel scolaire ! Après avoir, au début, fabriqué des lettres en bois, Valentin Haiiy avait par la suite formé sur du carton des caractères ordinaires, gaufrés en relief, qui formaient saillie sous le doigt.

Faciles à lire pour les yeux, ils étaient difficiles à cerner par le doigt, encombrants par leur volume et, de plus, longs à composer. Malgré ces inconvénients, l'invention ouvrait la voie à une lecture par le toucher.  L'histoire du premier élève de Valentin Haiiy circule à l'école. Soucieux d'expérimenter sa méthode, il avait arraché un jeune aveugle au porche d'une église pour le faire bénéficier de ses découvertes. Mais ce ne fut pas du goût des parents qui trouvèrent que le métier d'étudiant ne valait pas celui de mendiant et le maître dut payer l'équivalent des aumônes pour garder son élève."

Historia n°146, pages 110

 

Louis Braille (à compléter)

 

Pour ce qui concerne le handicap mental

il est indispensable d’évoquer:

Pinel
Médecin (1745 et 1826)Pinel.jpeg
Directeur de la salpêtrière. Il va être celui qui enlève les chaînes aux fous.
Dans la seconde édition de son traité médico-philosophique il montre l’importance des relations avec le milieu: l’entourage familial, les autres malades...dans le déclanchement, la persistance, l’aggravation de la maladie mentale.
IL met l’action sur la discipline, la réglementation de la vie des malades, leur classement rigoureux, l’isolement des plus dangereux.

La suite, après Itard


Les études des handicapés sont marqués par les courants scientifiques de l’époque: On parle de l’impact de la grosseur du cerveau sur l’intelligence. A ce moment un certain Lavater va faire des constatations sur l’impact de la forme du cerveau sur le caractère.
Jusque là le placement des enfants se fait davantage en vue de l’ordre et de la sécurité publique que dans une perspective d’assistance et de traitement. On mêle souvent les enfants aux adultes
En 1821 le docteur Falret réalise à la Salpetrière le premier regroupement d’enfant idiots.
L’aliéniste Belhomme 1824 a l’idée d’appliquer des procédés éducatifs à la fois intellectuels et médicaux à des enfants idiots et de les diversifier individuellement.
Il affirme l’interdépendance des facultés et la possibilité de cultiver partiellement ces aptitudes.
En 1828 Ferrus crée l’établissement de la ferme de Sainte Anne pour remédier à l’inaction il est l’artisan avec Voisin et Falret de la loi de 1838 qui crée les asiles dans chaque département pour "venir au secours des aliénés et les porter à la dignité des malades". A Bicêtre il organise des cours
Félix Voisin 1833 participe à l’ouverture d’une école rue de Sèvres,
En 1831 Falret ouvre une classe avec 80 idiots.

John Bost pasteur, va ouvrir une immense institution à La Force près de Sainte Foy la Grande: "L’asile se remplissait de fillettes aux handicaps multiples. On voyait dans son jardin une idiote poussant la voiture d’une paralytique. Chaque infirme trouvait toujours une plus atteinte à aider ou protéger....J. Bost avait du accueillir de triste épaves masculines qui venaient d’être refoulés de toutes parts. Grâce au contact avec les plantes et les animaux dans un cadre attrayant avec une nourriture saine et un personnel nombreux (1860) ces filles leur santé améliorée leur sensibilité sollicitée dans une ambiance paisible prenaient peu à peu une apparence plus humaine"

L. Delasiauve
qui exerce à Bicêtre, préconise une action pédagogique soutenue et individualisée, dispensée avec douceur et l’affection.
Quelques établissement en Europe ne se montrent pas en retard, ainsi qu’aux Etats Unis.
On y fait des exercices de souplesse et d’imitation , on stimule le goût des enfants et leur bonne opinion d’eux même, l’art de s’habiller, d’avoir soins de sa personne. Certains tiennent à une bonne ambiance familiale. D’autre paraissent des grandes casernes comme les salles d’asile.
La Hollande a tenu à conserver l’enfant dans la famille

 Désiré Bournevillebourneville.jpg

Naît à Garancière dans l’Eure en 1840 et meurt à Paris en 1909Va provoquer une évolution remarquable dans la connaissance des idiots. Va institutionnaliser  l’action médico-pédagogique.
Interne des hôpitaux en 1865, élève de Delasiauve à Bicêtre et Charcot à la Salpêtrière.  Il travaille avec Vallée directeur d’une institution destinée aux enfants idiots.
Il fonde une revue: “Le Progrès médical” où paraissent non seulement certaines des leçons célèbre de Charcot mais aussi des questions sociales, religieuses  et politiques.
C’est la grande époque de “la foi dans la science”.
 Il fera des photos des hôpitaux.
Va à Amiens pour lutter contre un épidémie de choléra, participera à la guerre de 70 et la protection des fédérés pendant la Commune.
Il exercera une médecine populaire toute sa vie rue des Écoles.
Il est élu député en 1883. Anticlérical, républicain, il est pour l’instruction laïque et gratuite. Il est aussi franc maçon. Pour la réforme des hôpitaux, est contre les religieuses qui sont dans les hôpitaux. Par ailleurs va défendre les infirmières et leurs conditions de vie et lutte pour leur formation professionnelle.
Il va faire un manuel pratique. Pareil pour les internes pour qui il demandera des conditions de travail  convenables.
 Il crée la Protection Maternelle et Infantile (PMI)  à une époque où l’enseignement de l’obstétrique est pratiquement inexistant.
Participe aux oeuvres d’hygiène publique.
Fait un travail clinique sur l’hystérie et l’épilepsie a une activité de pionnier en ce qui concerne la démarche  médico-pédagogique et l’assistance des enfants déficients mentaux et épileptiques hospitalisés.
Il crée un service à la Salpetrière où on emploie la méthode de Seguin.

La création des classes spéciales et des établissements:
Il s’agit de faire sortir les enfants des asiles.
Bourneville propose l’ouverture de services spéciaux pour l’éducation des idiots car ils sont mêlés aux autres. Il y a beaucoup d’épileptiques et on en a peur.
On ouvre donc des établissements de 250 à 300 lits avec un instituteur et un médecin.
Il va proposer surtout la création de classes spéciales où l’institutrice aurait suivi aussi des études d’infirmière et dans les asiles-écoles on mettrait des infirmières institutrices et on s’y inspirerait des méthodes de Seguin et Itard.
Il est soutenu par Baguer directeur de l’institut des sourd muets. La demande part du fait que tous les enfants handicapés doivent recevoir une éducation. Ils ne doivent pas être en dehors des lois scolaires. Autre demande: les maîtres qui s’occupent des arriérés doivent avoir les mêmes droits que les instituteurs.
Mais les institutions éducatives dépendent du Ministère de l’intérieur qui sont souvent tenues par des congrégations...
 
De plus à cette époque, les médecins et psychologues Binet  et Simon vont demander la création de classes spéciales non pas pour accueillir les idiots mais faire sortir les enfants difficiles des classes normales et ce sont eux qui vont gagner et c'ainsi que les enfants les handicapés vont rester avec le médical ...  On propose de soigner les débiles légers car ils gênent les classes, à l’imitation de l’Allemagne et de l’Angleterre.
On a l’impression que l’on se renvoie les enfants entre les classes spéciales et les institutions
En 1900 la Ligue de l’enseignement veut créer des classes spéciales pour idiots sous la direction d’un instituteur alors que Bourneville veut que ce soit un médecin
On parle de rentabilité; pour l’idiot profond il ne s’agit que de le garder propre tandis que pour le “dégénéré supérieur” il faut une éducation. C’est ici que se situe un conflit entre Alfred Binet et Simon, et Bourneville. L’enseignement sera pour les perfectibles...Les uns veulent scolariser et l’autre veut éduquer car ils ne doivent pas être une charge contre la société.
En 1907 on demande la création des classes spéciales qui ne s’ouvriront pas. Il faut un personnel spécial.
On aura alors tendance à envoyer les enfants arriérés à la campagne. L’argument est qu’il faut les protéger de la ville, du vice, de la déperdition.
On demande la création d’internats.
Les idiots vont sortir de l’asile pour aller à l’école où ils n’iront pas et donc ils se retrouveront dans des internats.
En 1912 il y a peu de classes spéciales en France.

Bibliographie


- “Assistance et éducation des enfants arriérés” 1896 et” traitement médico-pédagogique des idioties les plus graves”1905.
- Aufauvre M. R.; “Aide au jeu des enfants en difficulté” Delachaux et Nestlé
- Berthier F." l’abbé de l’Epée"  ed. Lévy frères;1852
- Carion Machwitz G.; "La Meynardie, pour l’amour de J. Bost “ par ed. Max Chaleil
- Excoffon A. ;"L’abbé de l’Epée"; ed. Tolra;1930
- Foucault M.;"Folie et déraison. Histoire de la folie à l'âge classique"; Paris; PUF; 1961
- Gateaux-Mennecier  J.; "Bourneville et l'enfance aliénée"; Paris, Centurion; 1989
- "Itard inédit", Privat, lieux de l'enfance N°14-15, Préface d'A. Brauner
-Malson L.; “Les enfants sauvages" où l’on peut retrouver les deux publications d’observation qu’il a faites celui de 1801
- “Assistance et éducation des enfants arriérés” 1896 et” traitement médico-pédagogique des idioties les plus graves”1905.
- Michelet A.- Woodill G. "Le handicap dit mental"; Delachaux et Niestlé; paris; 1993
- Stiker H. J.;"Corps infirmes et société; Paris, Aubier Montaigne; 1982
- Vial M.; “Les enfants anormaux à l’école” ; ed. A. Colin; 1990




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     On ne connait point l’enfance : sur les fausses idées qu’on en a plus on va plus on s’égare » Jean Jacques Rousseau « l’Emile ou de l’éducation » introduction.   Dernièrement, lors d’un cours de pédagogie auprès...
  • Nos idées sur l’enfance
    J’ai consulté dernièrement, un ouvrage intitulé : « Nos idées sur l’enfance »[1], de Jean François Dupeyron. Cet ancien instituteur, après avoir fait des études de philosophie, est formateur à l’IUFM de Bordeaux. Son ouvrage, fruit d’une thèse, est très dense....
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    Une journée à Paris  été organisée par   MONTESSORI france   quelques réflexions sur cette journée dans quelque temps!         http://www.montessori.fr  ...
  • "Toucher mais non endurcir"
      Un des textes de Jean Jacques Rousseau que je préfère se situe dans son troisième chapitre de : «  l’Emile, ou de l’éducation »[1]. Ce texte parle de l’adolescence et concerne l’éducation des sentiments. Fidèle à sa critique du monde urbain, il...
  • "Ressourcement"
      « Ressourcement »   « C'est un devoir pour le maitre d'étudier ses élèves, de connaitre leurs talents, leurs qualités intellectuelles, afin de les diriger plus surement dans le choix d'une vocation. Il faut éviter le...
  • L'éducateur qui sommeille en nous
      Une journée sur « l’éducateur qui sommeille en nous »     A la mi avril de cette année 2010, un petit groupe de mamans et d’éducatrices s’est réuni dans le cadre de la formation organisée par l’Association Montessori en...
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