Le Moyen Age


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Les savoirs étaient très diversifiés, et moins uniformes que maintenant.
On est au croisement entre le savoir "des anciens": les grecs et les romain et un savoir dit populaire, que nous allons appeler traditionnel, qui venant des celtes.
Au début du Moyen Age le celtisme est fort prospère. Lorsque saint Patrick vient prêcher en Irlande il trouve une civilisation fort avancée possédant écoles de philosophie, d'astronomie et de poésie. Cela va s'estomper peu à peu , mais va perdurer dans le milieu rural jusqu’à la fin du 19° siècle.
Le reste de la culture celte, de la synthèse gallo-romaine, des croisades avec des traces de la civilisation arabe, du catholicisme, marquent les courants de pensée du Moyen âge!
Il y a trois sortes de contrats qui régissent la société: les clerc qui prient, les nobles qui défendent le peuple et le royaume, les paysans et les artisans qui travaillent.

L'Homme fait partie d'un tout harmonique entre Dieu, la Nature, et le cosmos. C’est un microcosme dans un macrocosme, dans un ordre. Le cosmos étant l'inverse du chaos.
L'apport du christianisme est important. La personne humaine a une valeur sacrée. Ceci a pour conséquences l’abolition de l'esclavage, et la notion d’éducation pour tous.
La pédagogie intervient dans la formation de l'homme pour Dieu et pour lui-même, non plus pour la Cité comme du temps des grecs. Il s’agit de faire l’éducation de l'esprit et non seulement du corps.
L'enfant est reconnu comme tel (saint Benoît 480-547) il aura un enseignement adapté à son état. Les enfants s'entraident entre eux et s'enseignent mutuellement.
L'éducation religieuse a pour origine ce qui se passe dans les catacombes où l'instruction, l'initiation, les réunions, les échanges sont importants.
Importance des lettres, des épîtres, leur lecture se fait à haute voix.
L'unité de la langue est le latin.

Les institutions

La formation humaine se fait suivant  les différents milieux qui ont leurs propres moyens d'éduquer.
Il y a donc:
- Le milieu urbain avec l'organisation des corporations, pour la formation professionnelle,
- le milieu rural, dit plutôt traditionnel, l'essentiel de l'éducation se fait dans la famille;
- Le monde intellectuel scolaire ou universitaire, 
- Le monde religieux avec les monastères
- La noblesse et la chevalerie

Chacun avait des modes de retransmission propres, avec des objectifs particuliers.

Les connaissances nécessaires pour bien vivre ne s'apprenaient pas forcément à l'école.


Les monastères 

l'Eglise catholique a une forte influence, elle y crée des foyers d'évolution intellectuelle et religieuse, ils contiennent des bibliothèques à la fois sacrées et profanes. On y fait aussi des transcriptions des livres, des traduction des ouvrages scientifiques et philosophiques de la Grèce, de la théologie, de la médecine. On cherche la vérité à partir des textes et non l’interprétation de ce qu’il faut en faire. C’est l’époque des chroniqueurs.

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"Le corps, le coeur et la conscience"

Le moyen age est géré par des forces opposées, la force du guerrier et la charité du chrétien. On le retrouve dans la chevalerie;
La chevalerie créé à la suite des croisades, s’inspire des musulmans qui se seraient inspirés des Perses. Les sens de l’honneur y est important.
- A 12 ans l’enfant est imprégné d’épopées, de récits épiques (on prend ici la suite des bardes), va chez un seigneur durant 5 à 7 ans, où celui-ci bénéficie d' une sorte de paternité adoptive. Il apprend des rudiments d'équitation, d'escrime, de chasse. Il a un protecteur.
- Adolescent il va au château de celui qui va le former .
Il est damoiseau. Il devient ensuite “écuyer” c’est à dire porteur de l’écu, le bouclier du maître.
Il apprend à chasser au faucon qu’il apprend à soigner.
Il apprend l'entretien des armes:  l’escrime et le maniement du bâton, de la lance, et de l’épée. Fait des exercices de lutte.
Doit savoir tout ce qui concerne le cheval.
S'initie  à la préparation d' une table et tout l'art de recevoir des invités.

Des cérémonie ponctuent les différents passages.
Lors de “L’adoubement” le futur chevalier s’agenouille devant son seigneur qui lui frappe l’épaule gauche avec une épée, lui donne une gifle pour lui donner son pouvoir et en même temps lui apprendre la domination de soi. La fête dure 7 jours.

A partir du XIIIe siècle, au moment de la création de la chevalerie, le christianisme rajoute la veillée d'armes. Il est costumé de !blanc et il se met au service du bien qui est: protéger le faible contre le fort. Ce sera une modification d'esprit importante.
C’est l’apprentissage de la bravoure, par la chasse et le combat en vue de la protection du plus faible.
Il a un idéal, la vaillance, la loyauté. Il est dévoué à Dieu.
C'est ainsi que se crée un corps d'élite.

Arrive l’époque de l’amour courtois, donc ils font des tournois pour leur dame. L’art d’aimer prend de l’importance. Les contenus changent, avec les troubadours qui racontent des romans" courtois où le respect envers la femme évolue. L'éducation sentimentale devient importante ainsi que "l'art d'aimer".
Il convient d'écouter des récits épiques: le roi Arthur et Tristan et Yseult.

Il y a une certaines recherche de conscience de soi, entre autre par rapport au bien et au mal. On apprend à faire son examen de conscience. Certains ordres comme les "frères mendiants", sont institué, ce sont des confesseurs.

jean de Fribourg écrit (1290) sur la responsabilité du monde du travail rural, des artisans et des marchands. Chacun est invité à s'interroger sur les relations que crée l'argent.

Les arts
l’éducation traditionnelle
Ce sont les "mystères"( sorte de théâtre) , les enluminures, la musique sacrée...
le chant fait partie des sciences enseignées aux enfants au même titre que l'écriture et le calcul.
La musique a pour but d'harmoniser toutes les disciplines de l'esprit. Dés le VI e siècle Isidore de Séville affirme qu'il y a:
la "Musica mundana" ou harmonie des sphères c'est à dire l'astronomie.
la Musica humana" qui prône l'harmonie intérieure, tant physique que spirituelle, laquelle se manifeste par les sciences et la vertu.
la "Musica instrumentales" qui est la musique.jeudames.jpg

La scolarité


L'administration scolaire relève de l'évêque.
Dans chaque cathédrale il y a un maître gratuit.

premières écoles épiscopales
au VI° siècle qui vont devenir écoles primaires ou écoles paroissiales pour toutes les classes de la société, pour la formation religieuse mais aussi les apprentissages de base, la lecture, l'écriture et quelques mots de latin.
Des écoles municipales sont fondées par les communes et les corporations. Les écoles de charité accueillent les enfants abandonnés.
Sur le plan pédagogique on y copie, on y récite, on fait la lecture avec “les magistères” ou “abécédaires”. On apprend à compter avec des jetons. Pour la lecture on continue à employer une méthode "globale" avec des phrases entières. Ce sont des textes sacrés, des inscriptions sous les portraits des saints et des apôtres. On copie des psaumes. On les récite au passage d'un hôte instruit!


Les écoles collégiales .

Viennent ensuite les “petites écoles” avec les grammairiens,
où on apprend le latin, avec la poésie, le début des sciences, l’éloquence, le droit.
L’enseignement se faisait sous forme de commentaires de livres. (Le cours magistral tel que nous le concevons actuellement) est né au XIX° siècle.


Organisation des études avec les sept arts libéraux
On chercher surtout à acquérir une culture générale

- Etudes littéraires avec le trivium: grammaire, rhétorique, dialectique; c'est à dire l'organisation de la pensée, la méthode,
l’art du bien parler et bien écrire. Les sciences du verbe.

- Les études scientifiques avec le quadrivium : l’arithmétique, la musique, la géométrie, l’astronomie, c'est à dire l'homme et sa relation avec le cosmos.
On y faisait l’initiation à la pensée scientifique, on enseignait ce qui paraissait nécessaire d’être acquis pour aller à l’université.
Par exemple Guillaume de Volpiano est à la fois architecte, musicien et mathématicien.
les cours ordinaires sont le matin, ils durent deux heures. Le professeur expose le sujet, examine certaines parties en détail. L'après midi les leçons portent sur les questions qui se posent. Aussi ce sont les répétitions.
Une fois par semaine on discute. Quand c'est sur n'importe quoi c'est le "quod libet"

Souvent les classes sont des hangars que le professeur loue. (par exemple au milieu des vignes de la montagne sainte Geneviève), dans un couvent, dans le cloître d'une cathédrale. Il y a une chaire pour le prof et les élèves sont assis par terre. Les étudiants sont assis en rond avec des pupitres portatifs en forme de boite avec un trou pour l'encrier. Il possède ses livres.
Au XIVe siècle dans les universités riches on met des bancs et des tables.

Création des Universités


On y fait la formation du clergé pour lutter contre les païens.
On y enseigne les anciens : grecs et romains, les pères de l'Eglise, la culture générale, la place de l'homme dans le Monde, le raisonnement, l'argument.
C'est la scolastique,  qui est une école de pensée où on apprend à découvrir les idées sur un sujet donné, ensuite vient l'organisation d'un plan, le classement des idées pour les présenter avec une plus grande efficacité. Ensuite vient l'expression qui est devenu l'art de la parole. Ce dernier indispensable en démocratie où on doit savoir argumenter, c'est une des conditions de la liberté.
L'enseignement propre au moyen âge fondé sur le syllogisme c'est à dire un argument qui contient trois propositions, la majeur, la mineur, la conclusion qui est déduite de la majeure par l'intermédiaire de la mineur. Exemple: tous les hommes sont mortels, tu es un homme, tu es mortel

C'est la synthèse entre les textes des anciens grecs et latins et l'Ecriture. C'est l'époque des grands philosophes.
Mais on veut aussi retransmettre une science.

Il y a :
-La philosophie théorique par la musique, la géométrie, l’astronomie, la théologie, la physique, les mathématiques et l’arithmétique.
-La philosophie pratique par la morale; l’économie, la politique.
-La philosophie logique par la grammaire, la dialectique, la rhétorique
-La philosophie mécanique avec l’ industrie de la laine, la fabrication des armes, la navigation, l’agriculture, la chasse, la médecine, le théâtre.

Les facultés sont bien localisées:
-des arts,
-du droit à Bologne, et sciences juridiques à Orléans.
-de médecine à Montpellier, d’où vont sortir Nostradamus et Rabelais, avec les juifs et les arabes qui ont marqué la médecine.
-de théologie à Paris avec Guillaume de Champagne et Abélard qui par leur valeur donne l’orientation qui feront l’enseignement supérieur.
La Sorbonne sera créée le chapelain de Saint Louis: Robert Sorbon, en 1257. Ce sera une faculté uniquement masculine.

Les corporations

Naquirent à la fin du 11e siècle.
les statuts de 101 métiers sont mis par écrit.
 les corporations organisent l’éducation professionnelle et morale. On y apprend à vivre autant qu'à travailler.
C'est plutôt un fils d'artisan qui est choisit ou même le fils du maître. L'enfant est donc reconnu comme le successeur. Il n'y a pas d'age précis pour entrer en apprentissage. Sinon les parents versent une somme au patron pour la nourriture, les vêtements, le logement. la convention est orale.
la discipline est importante. Pour assurer la solidarité il y a un jurement. La vie est dure.
Par ailleurs le patron doit être techniquement et humainement valable.. Mais les apprentis fuient souvent et c'est une mauvaise réputation pour le patron qui doit prouver qu'il fait bien son travail.
a la fin de l'apprentissage: un serment  confirme le temps fixé à l'apprentissage. Ensuite l'apprenti se met à son compte et passe  maître.
Il y a alors cérémonie. Par exemple, le premier dimanche de janvier les confrères attendent le nouveau, devant le maître du métier. Ce dernier donne un bâton avec quatre cloches et un pot en terre avec des noix et des gâteaux. On mange et on boit ensemble.

La durée de l'apprentissage est variable suivant les métiers, l'age aussi. Par exemple, pour un cuisinier la durée est de deux ans, 10 ans pour un orfèvre, 12 pour les patenostriers (fabricants d'objets en ivoire, entre autre les chapelets, donc le nom de patenôtre), il faut 18 ans pour être vigneron. L'enfant retourne dans sa famille pour la moisson et les vendanges, 3 semaines-1 mois.
Quand le jeune connaît le métier le patron verse un salaire.
Le secret des enseignements est bien gardé. Il est surtout pratique, et non écrit. l'enseignement passe surtout par l'imitation. Il y a peu de théorie, peu de liens avec l'université.
par exemple les architecte étaient des autodidactes.
par exemple pour la construction des cathédrales, l'enseignement se fait sur les chantiers par le dessin et l'oral. On n'y fait pas de lien entre l'architecture et la géométrie. Ils vont mettre un certain temps à se faire. Sont-ils terminés?
Les confréries ont leur propre gestion. Elles refusent toute tutelle politique ou religieuse. Ont une caisse commune pour élever les enfants.

http://compagnon1850.free.fr/compagnons.htm

Création des "compagnons du tour de France" se fait en réaction à la mauvaise formation faite par les corporations. Au début du XIV ° siècle c'est une organisation clandestine. Il se regroupent en confrérie, les anciens apprennent aux nouveaux. La "mère" les accueille à l'auberge. Ils créent une nouvelle éthique avec le voyage initiatique et la création du "chef d'oeuvre".
Des livres sont introduits peu à peu dans la formation professionnelle qui se faisait uniquement oralement et par l'imitation. C’est ainsi que va être édité un : « Traité sur l'agronomie » en 1373 avec illustrations, qui a un grand succès.


Bibliographie

(voir aussi Bibliographie générale d'histoire de l'éducation)
- Alexandre Bidon D., Lette D., "Les enfants au moyen age Ve et XVe siècle", La vie quotidienne, Paris, Hachette, 1997
- Ariès Ph."L'enfant et la vie familiale sous l'ancien régime", 1° ed.; Paris, Plon, 1960.
- Champion P.; "Au moyen age : étudiants en médecine", Historia, n° page 64; n° 96; novembre 1954
- Minne B. "L'enfant", in "La vie populaire en France du Moyen age à nos jours”, Tome IV : l'homme, Paris, ed. Diderot, 1966
- Rouche M., "Histoire générale de l'enseignement et de l'éducation en France", Parias L. (sous la Direction de) tome 1. "Des origines à la renaissance", Paris, I.N.R.P. Nouvelle Librairie de France,1981. Existe maintenant en livre de poche.
- Strowsky F.; "Etudiants voici vos camarades du moyen age"; Historia; n°48; novembre 1950

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