Partager l'article ! Les écoles maternelles: Entre l'éducation et l'instruction, entre les soins et l'apprentissage de la vie moral ou sociale... L'écol ...
Si la pédagogie
Entre l'éducation et l'instruction, entre les soins et l'apprentissage de la vie moral ou sociale... L'école maternelle a essayé depuis toujours d'être le plus possible vouée à l'éducation de
la petite enfance malgré et avec les courants politiques, sociaux, scientifiques de son époque! Les textes de lois reflètent cette évolution.
Quelques dates représentatives sur la législation
Les salles d’asiles deviennent Ecoles maternelles en 1881.
On perçoit dans les textes, au moins pour les premières décennies, les souhaits que P. Kergomard exprime par ailleurs, dans ses différentes publications ou dans la revue de « L’ami de
l’enfance. » La réalité est différente elle le dit dans ses rapports d’inspection ! Elle veut lutter contre la rigidité, la pauvreté de l’enseignement, introduire le jeu, alléger les programme
beaucoup trop scolaires et qui ne sont pas à la portée de tout petits. La méthode des salles d’asiles et difficile à faire disparaître. Les programmes sont trop fournis. Ils n’apprennent ni à
penser ni à développer l’esprit des enfants. Les textes reflètent les désirs de l'inspectrice de voir changer ce qui se passe dans les petites classe où le nombre des enfants ne permet pas de
faire passer ses souhaits dans la réalité . Elle œuvre au maximum pour la formation des directrices mais on pourra constater qu’il faudra au moins 30 ans pour que peu à peu la réalité des
écoles maternelles changent sur le plan de la pédagogie.
Règlements du 2 août 1881 : Les enfants de moins de six ans sont accueillis dans des " établissements d'éducation où ils reçoivent les soins que
réclament leur développement physique, intellectuel et moral." Les enfants sont répartis en deux sections " suivant leur âge et le développement de leur intelligence: la section des 2-5 ans et la
section des 5-7 ans. » A cette époque P. Kergomard voit d'abord dans la maternelle : " Un gîte dans la grande et noble acceptation du mot, un gîte où l'enfant de la classe laborieuse et de la
classe indigente est à l'abri des accidents, à l'abri des mauvais exemples ". Dans les textes relatifs aux écoles maternelles l'éducation religieuse en tant que telle disparaît : seule subsiste "
l'éducation morale " donnée par des entretiens familiers, des récits, des chants destinés à inspirer aux enfants le sentiment de leurs devoirs envers la famille, la patrie et Dieu ". Suit alors
un programme qui va s’avéré trop chargé et qui sera remis en cause quelques années plus tard. Peut-être s’agissait-il de donner des moyens aux directrices qui ne savaient que faire avec les
enfants !A l’exception de l'apprentissage de l'hygiène, l'éducation préscolaire républicaine ne se définit plus comme une rééducation systématique des familles populaires comme cela fut fait pour
les salles d’asile.
L’arrêté du 28 juillet 1882 : " L'école maternelle telle que nous la concevons aujourd'hui ne ressemble plus à la salle d'asile d'autrefois, à
cette sorte de refuge où l'on se contentait de garder les enfants, c'est une véritable maison d'éducation". Les exercices de langage, avec mémorisation des fables et le calcul mental sont
recommandés dans les deux sections; les plus petits s'exercent ainsi à compter jusqu'à dix, et les plus grands à pratiquer les quatre opérations sur les nombres de deux chiffres. L'apprentissage
de la lecture, de l'écriture, les récits d'histoire nationale sont réservés à la grande section. Un programme mensuel détaillé organise autour du même sujet : la leçon de choses, le dessin,
les jeux, les chants et la leçon de morale. Avant la méthode de Decroly, c'est l'ébauche de la méthode des centres d'intérêt. On y demande un programme sans fatigue pour les enfants où chacun
sera respecté selon son rythme. « Ce n’est pas tout de les faire parvenir à tel ou tel degré de savoir, c’est qu’ils sachent bien le peu qu’ils sauront », nous dit P. Kergomard[1]. La nouvelle école veut
garder "la douceur affectueuse et indulgente de la famille ", et la maîtresse doit "imiter le plus possible les procédés d'éducation d'une mère intelligente et dévouée ". Un programme d’exercices
sensoriel est proposé. Ce terme déjà employé par P. Kergomard montre une recherche d’identification pour cette maîtresse qui n’en n’est pas une et qui est malgré tout chargée de l’éveil de
l’esprit des enfants.
On retrouve ici le désir de P. Kergomard de trouver un statu aux directrices des écoles maternelles.
Formation des directrices d'école maternelle
En l88l, le décret du 2 août détermine les conditions nécessaires pour diriger une école maternelle. C'est à dire: être âgée de plus de 21 ans et avoir le certificat d'aptitude. Il sera créé dans chaque académie aux frais de l'état, un cours normal analogue à l’Ecole Pape Carpantier. [2]
Dans le dictionnaire de Ferdinand Buisson[3], Félix Pécaut (Inspecteur primaire) note le progrès accomplit dans l'aptitude des maitresses. Mais il critique le fait qu'il n'y ait pas de bonne méthode, ni des esprits préparés à la comprendre et à l'appliquer.
Il existait à cette époque quelques cours normaux départementaux: à Paris, Versailles et Marseille pour la formation de directrices, annexes aux écoles normales d'institutrices.
Le certificat d'études primaires est exigé pour y entrer. Les candidates doivent passer des épreuves de musique et de dessin. La formation dure un an à l'issue de Laquelle les élèves passent le certificat d'aptitude. Il y a peu de méthode dans cette formation déjà courte. Les classes où faire l'apprentissage pratique manquent. La pédagogie pour les petits est plus ou moins copiée sur celle de l'école primaire dure encore, malgré tout, quelques chants ou exercices sensoriels, vestiges de l'enseignement de Marie Pape Carpantier.
Pauline Kergomard trouve qu'au cours de l'examen d'aptitude, le jury apprécie plus les aspirantes pour leur assiduité que pour leur compétence. Les jeunes recrues prennent la direction d'une école maternelle sans y être réellement préparées: elles ne sont pas assez aptes à affronter un nombre important d'enfants par classe, qui généralement sortent d'un milieu pauvre; elles disposent que de peu de moyens matériels et les locaux sont vétustes. En l882, elle a déjà commencé à apporter sa contribution à travers ses inspections, ses publications et ses conférences.
Une circulaire du 29 juillet, à laquelle elle a collaboré, insiste sur la nécessité d'une solide préparation pour les enseignants des écoles maternelles, surtout dans l'aspect pédagogique. En effet on y pratique des méthodes empiriques. Les professeurs d'école normale n'ayant pas bénéficié d'études spéciales ne peuvent pas apporter suffisamment aux directrices la capacité d'étudier les enfants, d'avoir une bonne culture ainsi qu'une personnalité armée pour juger les procédés traditionnels.
Durant cette période, l'Ecole Pape Carpantier sera destinée à former des directrices et des professeurs des Cours normaux d'écoles maternelles, mais elle fermera en 1891.
Ferdinand Buisson, responsable de l’école primaire, et les inspectrices générales, proposent donc au Conseil supérieur de l'instruction publique, que les candidates pour la direction des écoles primaire et maternelle entrent dans la même école normale. A l'issue des deux premières années, ces dernières élèves se présentent au certificat d'aptitude à la direction des écoles maternelles qui leur permet de passer en 1e année. En cas d'échec les candidates sont renvoyées.
C'est ainsi que le décret du 14 janvier 1884 assimile la formation des directrices des écoles maternelles à celles des institutrices du primaire qui découvrent ainsi le secteur des tout petits, qui précède le leur. Et d'autre part 1es directrices profitant des cours de culture générale enseignés, connaissent aussi l'école primaire à laquelle elles doivent préparer dans une certaine mesure, les enfants.
Mais, les jeunes institutrices ne veulent pas aller à l'école maternelle, se sentant dévalorisées. De plus les directrices en place, les refusent à cause de leur esprit trop critique.
Des appréciations diverses parviennent à L'ami de l'enfance (ler mai et l5 juillet l89l), qui remettent en question ce système de formation. Mais Pauline Kergomard tient bon, tout en acceptant que diverses modifications soient faites telles que: la troisième année doit être consacrée toute entière à la formation pratique; le programme doit comporter plus d'hygiène et plus de sciences physiques et naturelles afin que les directrices sachent répondre à la curiosité des enfants; il faut insister sur l'art de bien parler; acquérir l'esprit d'invention pour créer des travaux manuels.
De plus, si elle tient à cette fusion école maternelle et école primaire, c'est que trop peu de candidates choisiraient les bambins.
Quelques années plus tard, vers 1910, Pauline Kergomard revient sur ses positions et demande que soit recréé un enseignement spécial pour accéder à la direction des écoles maternelles.
[1] (1) Ecoles maternelles p. 1872, Edition de 19l0.
En 1887: Une réforme s'esquisse sous l'impulsion de P. Kergomard: le décret définit les maternelles comme des établissements de " première " éducation, Au premier rang des
activités, figurent les exercices physiques, au dernier, les exercices intellectuels, entre les deux : l'éducation morale. L'instruction prévoit des tables collectives et des chaises
individuelles ou des tables scolaires à deux places. Cela change bien des gradins des salles d'asiles qui pour la plupart des maternelles sont encore utilisés. Les nouvelles ambitions de
l'enseignement préscolaire et la pensée psychopédagogique naissant ont transformé les maîtresses des tout petits en de véritables institutrices. L'instruction et la formation pédagogique acquises
en trois années d'études sont reconnues comme l'indispensable complément de l'instinct maternel. Si le nouveau programme st fait pour alléger le précédent, dans la réalité c'est très difficile de
changer.
En 1889: Une commission de surmenage demande qu'il n'y ait pas plus de deux exercices intellectuels de suite et qu'ils soient séparés par une autre activité comme une
évolution.
Circulaire du 22 février 1905: L'école maternelle est peu à peu dévoyée de ses fins et débordée par l'enseignement primaire : "On oublie qu'elle à son objet propre, qu'elle ne
doit être ni une garderie, ni une école élémentaire ". Les programmes sont trop chargés, les classes aussi ! On insiste sur la place du jeu et la nécessité de séparer les petits de 3 ans des
grands de 5-6 ans. On y remet en cause l’inspection faite par les inspecteurs primaire hommes, surtout, qu’ils ne connaissant pas les petits enfants. Ils font passer l’enseignement avant les
soins les plus élémentaires auxquels ont droit les enfants, soins d’hygiène, soins de nutrition, ordre. Attention à l’effort intellectuel prématuré. Les municipalités responsables des écoles sont
vertement remises en place.
Instructions du 16 mars 1908 : Le ministère demande un mobilier proportionné à la taille des enfants. Le corps du petit enfant n'est plus perçu comme un objet passif: on cherche
à l'éduquer. La dictée disparaît de la grande section et le calcul mental de la petite. Le jeu est à l'honneur. On réinsiste sur l’importance sociale et sanitaire de l’école maternelle, faisant
encore une fois passer à l’arrière l’enseignement toujours jugé trop important. C’est la bonne santé qui compte, un bon développement sensoriel ! L’école sera « un abri destiné à sauf garder
l'enfant des dangers de la rue. »
En 1910: L'apprentissage de la propreté par l'écolier doit contribuer "par contre coup à l'éducation des parents eux-mêmes ". Plus tard la guerre renforce la fonction
hospitalière et sanitaire de la maternelle.
Décret du 15 juillet 1921 : Les textes ne présentent plus l'hygiène et la santé comme les objectifs prioritaires, La première éducation est la seule mission officielle qui
soit mentionnée. A nouveau le souci de l'éducation doit primer sur celui de l'instruction. Création d'un cadre spécial d'institutrices vouées aux enfants d'âge préscolaire. Elles doivent
avoir le brevet supérieur avec option "pédagogie de l'école maternelle, puériculture, hygiène. Les progrès de la psychologie modifient la perception de l'enfant. Les recherches en cours
commencent à démontrer l'impossibilité de réduire l'enfant à un adulte miniature et l'inexistence d'un "enfant standard"
Loi du 11 juillet 1975: L'éducation de la petite enfance est devenue le moyen de "prévenir les difficultés scolaires...Dépister les handicaps...Compenser les inégalités ". Le
traitement des handicaps est devenu un des thèmes privilégiés des textes officiels comme l'était l'hygiène enfantine au début du siècle. C'est l'époque de la fameuse loi d'orientation pour les
handicapés.
Décret du 28 décembre 1976: La maternelle doit contribuer au" développement de la personnalité de l'enfant sous toute ses formes, corporelles, intellectuelle, affectives et
"entraîner l'enfant à l'usage de ses différents moyens d'expression et le préparer à l'enseignement primaire ".
Circulaire du 2 août 1977 : Un texte est consacré au contenu et aux méthodes de l'enseignement préscolaire. On y trouve des références à la neurophysiologie, à la biologie
et à l'embryologie. La psychologie génétique joue un rôle essentiel. L'école maternelle propose une "pédagogie du développement en vue d'une éducation globale de la personnalité."La première
éducation doit recourir à une pédagogie active, elle doit obéir au dynamisme des stades de maturation, ne pas exiger de l'enfant des performances que celle-ci n'autoriserait pas . Les années
entre deux et six ans sont désormais perçues comme un stade caractéristique de la maturation physique, intellectuelle et psychique de l'individu . La nouvelle définition de l'enseignement
préélémentaire réhabilite l'homme comme éducateur potentiel de la petit e enfance: il lui suffit d'acquérir les connaissances prescrite.
1986 : les travaux scientifiques ont mis en évidence les effets bénéfiques d’une action éducative précoce. L’école maternelle propose aux enfants une vie sociale stable. Elle
fourni aux enfants les moyens de vivre pleinement leur âge. Comme le disait P. Kergomard quelques décennies antérieures : laisser à l’enfant la possibilité de faire son « métier d enfant ».
Développer ses facultés pour recevoir les enseignements de l’enseignement primaire aussi, lui permettre de développer ses facultés et former sa personnalité. L’éducation morale s’est transformée
: l’enfant doit apprendre que la maternelle est faite pour apprendre, qu’elle a ses exigences, quelle réserve des satisfactions et des joies propres. On va parler beaucoup de l’égalisation de
chances par l’école maternelle. Cette dernière aura la lourde tâche de préparer tous les enfants à arriver à l’école primaire avec les mêmes possibilités. Elle aura donc un rôle compensatoire.
Bibliographie sur l'historique des maternelles,
Bibliographie des écoles maternelles
- Brès (Mlle) ""Construction des écoles maternelles 1894-1925"; ed et date???
- Caron (M. L.), Kergomard( P.), Larger (E.) et Maire( Y). "De la salle d'asile à l'école maternelle"; Besançon, Centre régional de documentation pédagogique, 1982,
- Chalamet, (R. E.) "L'école maternelle, étude sur l'éducation des petits enfants", Delagrave, 1883
- Davy( Mme), "Rapport sur les salles d'asile de l'académie de Poitiers, Paris, Imprimerie Nationale, 1881
- Dès (L.) "La femme de service à l'école maternelle, rôle, qualité, conflits, règlement ", Paris, Nathan, 1911,
- Frapié L.; "La maternelle"; Albin Michel; Paris; 1908
- Herbinière Lebert (S.) "L'éducation préscolaire" in L'encyclopédie pratique de l'éducation en France chapitre 16 p. 579-601, Paris, Ministère de l'Education, 1960.
- Herbinière Lebert (S.) et Charrier Ch. "La pédagogie vécue à l'école des petits" Paris, Nathan, 1966, 231p.
- Herbinière Lebert (S.) L’Organisation Mondiale pour l’Education Préscolaire in Jardin d’enfants n°2, Mars 1954.
- ”La maternelle” in Revue Autrement, (Paris) 1990
- Plaisance E., "l'école maternelle aujourd'hui", Paris, Nathan, 1977
- Plaisance (E.) " Pauline Kergomard, l'école maternelle et l'égalité des chances", in Raison présente, 1973, N° 27 p. 43-62.
- Une soeur directrice "Manuel des écoles maternelles", Paris, Hatier, 1898, 503 p.
- Vial J.; "L'école maternelle" ; collection: Que sais-je; PUF; Paris; 1983
Sites
http://themamaternelle.free.fr/index.html
nouveau site, simple, clair et sympa
http://www.maternelle92.ac-versailles.fr/spip.php?article22Sites
[1] Voir entre autre « l’éducation maternelle dans l’école » réédité chez Fabert, 2009
[2] Voir le lot : « Les pédagogues du 19e siècle »