Pédagogie


LA PEDAGOGIE...


C’est l’"Art d'instruire et d'élever" les enfants.

C'est un savoir-faire qui sous-entend une méthode pour une acquisition de savoirs. S'emploie plutôt pour l'enseignant.

« Théorie de l'éducation, normative et critique, d'une part, et d'autre part art et sciences de l'éducation dans la pratique ». (Lexique des sciences sociales)

C'est un art sur lequel on réfléchit car on doit pouvoir apprécier ses actions, voir ce qu'elles valent, pour les réajuster. Si cela provoque une démarche scientifique d’observation, la créativité qui permet d'adapter ses observations à la réalité éducative, relève plus de l’art.

Des questions se posent
Comment cela fonctionne?
Quel résultat est produit?
Quelles conditions font varier les résultats?

Tout ceci reste au niveau de la spéculation. Dans la réalité le déroulement risque d'être différent de ce qui a été prévu. Il y a une caractéristique d'empirisme.
Les théoriciens ne sont pas forcément les cliniciens et réciproquement.

C’est ainsi qu’il y a deux actions bien différentes
-Celle du pédagogue de laboratoire qui conçoit des méthodes théoriques,isole des phénomènes, essaie de mettre à jour des lois.
-Celle du praticien confronté à des situations singulières et menant une recherche. Par exemple c’est la différence entre J. J. Rousseau et J. Pestalozzi.

Donc la pédagogie n'est pas seulement la didactique, c'est à dire tout ouvrage dont le but est d'instruire, mais c'est aussi l'explication méthodique des procédés d'un art, d'une discipline et l'ensemble des méthodes qui recherchent les conditions optimales d'enseignement.

Ceci sous-entend l'étude et la connaissance d'autres disciplines comme la psychologie, la sociologie, l'histoire, l'anthropologie, l'économie.

D'après Durkheim: « Il faut savoir mesurer, former l'esprit en même temps... La pédagogie a surtout une théorie qui se réfère à la pratique et à son observation, c'est pourquoi elle est toujours remise en cause ... »

Les composantes de la situation éducative.

Elles sont multiples et complexes, imbriquées les unes aux autres. Nous en présentons celles qui nous paraissent essentielles.

- Les personnes:


L’enfant, ou l’éduqué, qui peut-être aussi un adulte et l’éducateur.
Leur passé,
Leurs sentiments, La connaissance qu’ils ont d’eux même, de leurs possibilités et de leurs limites.
Leur connaissance réciproque, la motivation, l’intérêt à participer à la situation. La perception qu’ils ont l’un de l’autre. C’est une des composantes de ce que l’on appelle habituellement la relation pédagogique.
Il y a aussi l’entourage, le regard des autres, de la famille, de l’intuition. Voir s’ils sont porteurs de motivation.

- Le contenu de ce qu’il y a à acquérir, l’objectif à atteindre, « le tiers » de la relation duelle entre l’enseigné et l’enseignant, l’ouverture de cette relation est tournée vers quel projet ?

- La méthode employée par l’enseignant est-elle par exemple traditionnelle ou active, quel est son mode d’autorité, son organisation, quelle place laisse t-il à l’initiative de l’enfant, quelle part a ce dernier dans le choix de l’enseignement ou de l’acquisition ?

-  Le moment de la situation pédagogique : ce qui l’a précédée, son attente, a t-elle fait l’objet d’une anticipation, sous quelle forme ? Sa durée, son rythme, ses moments de rupture, ce qui doit se passer après. Sa période dans la journée, la semaine ou l’année

- Le lieu, son architecture, la place réciproque de l’un et de l’autre, (enseignant et enseigné), la possibilité pour les uns et les autres de se déplacer, les territoires


Il y a des contradictions possibles au niveau de :

La méthode, est-elle un appui ou un l’enfermement ? une possibilité de création ou ne s’adresse t-elle qu’aux possibilités d’obéissance, que ce soit pour l’enseigné ou l’enseignant
La place de l’attente ou de l’immédiateté, dans l’acquisition.
Les sentiments entre les personnes qui composent la situation pédagogique qui dynamisent ou étouffent.
Quelle est la place de l’intuition ou de la démarche rationnelle, organisée et méthodique

Quelle est la place de l'expérience?
Le savoir est-il pouvoir ou humilité ?
Savoir attendre ou faire à la place et intervention abusive.
La frustration, quelle est la part entre le ”trop ou le trop peu”?
L’autorité étouffante ou libertaire ?
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Voyons de plus près ...

Certaines données qui entrent en jeu au niveau de l'élève

Qui est -il?
C'est un tout, c'est à dire qu'on ne s'adresse pas seulement à son intelligence.
De plus, il a une histoire ; c'est à dire qu'il a déjà des connaissances et aussi des intérêts, mais cette histoire peut-être aussi marquée par des échecs!
Si c'est un adulte, a-t-il eu des échecs scolaires ou aborde-t-il les apprentissages pour la première fois?
Quelles sont ses capacités?
Son système nerveux fonctionne-t-il bien? Pour un enfant ce peut être une question de maturation. Pour un adulte ce sont des habitudes mentales, une façon d'écouter, de percevoir et d'utiliser ses sens. (l'enfant aussi d'ailleurs). Rien qu'un contrôle à ce sujet peut dévoiler des faiblesses qui sont nécessaires de connaître. Par exemple, comment gère t-il ses hémisphères droit et gauche, c'est à dire sa perception globale ou linéaire. Les origines de la dyslexie peuvent être diverses, on parle quelques fois d'atteinte organique des hémisphères... d'autres y trouvent des origines psychologiques.
Il doit avoir une certaine maturité dans sa latéralité.
Ses sens sont-ils en bon état? On a observé une corrélation entre le goût et la facilité de parole. Il y a une similitude entre l'acquisition des connaissances et l'attitude devant la nourriture. Il s'agit d'assimilation. Comparaisons intéressantes entre la façon dont on donne à manger et la méthode d’enseignement. Par exemple laisse t-on choisir l’enfant ou le sert-on ?
Il a un rythme biologique qui concerne son sommeil et son alimentation.
Est-ce que ce fut un enfant passif ? Pareil pour l'acquisition de la propreté où "acquérir et garder" sont mis en cause. De plus, il apparaît qu'il soit intéressant que l'enfant sache ce que c'est que d'accumuler, faire des collections, ranger, classer... avoir un endroit où mettre ce qu’il a accumulé.
Est-il capable de se détendre, de se décontracter?

Une certaine maturité affective et sociale est indispensable à l’enseigné, il est nécessaire qu’il soit en mesure de reconnaître les lois, d'accepter ce que les autres ont pensé et inventé pour faire certains apprentissages. Savoir accepter les frustrations est une condition indispensable pour les acquisitions. Avoir envie de grandir d'aller au-delà de soi même.
Il doit être capable de jouer avec le temps et en particulier avec le conditionnel temps indispensable pour entrer dans l'abstraction et ainsi pouvoir rêver à autre chose... rentrer dans l'imaginaire. C'est à dire avoir pratiqué le jeu symbolique qui commence par " et si on..."
Il lui faut avoir la notion du temps qui lui permet de s'intéresser à ce qui se passait il y a 100 ans.
Etre capable de répondre à un dialogue "explicatif" et descriptif, celui que la mère provoque lorsqu'elle montre à l'enfant et que l'autre écoute.
Etre curieux, ne pas avoir peur de connaître, de s'approprier. Dans certaines familles il y a des mystères qui provoquent que l'exploration du monde est vécue comme dangereuse.
Avoir envie de communiquer, par exemple d’écrire à quelqu'un (c'est sur cette démarche que s'est basé Freinet quand il a instauré les correspondances entre classes, J. A. Comenius en a parlé au XVIIe siècle.)
Avoir fabriqué quelque chose qui a du mouvement ; pour le préparer à l'analyse et la synthèse ; avoir vu « comment ça marche ».
Par ailleurs, les apprentissages peuvent être l'occasion de débloquer des difficultés.

Mais les conditions ne sont pas seulement intellectuelles.rousseau.jpg

On apprend aussi avec ses sentiments et ses émotions.

Donc...
Par rapport à son environnement, il est souhaitable que l’enfant soit l'objet de projet positif, et surtout être dans l'avenir et le projet, mais que ce soit un avenir immédiat, mis en place par l'enseignant, ou un avenir lointain éventuellement explicitement ou implicitement exprimé par l'environnement (sans que cela soit trop pesant).

Que ce qui est appris ait un sens pour celui qui apprend, là aussi le sens peut ne pas être immédiat.
Par rapport à la famille l'enfant a t-il pût s'identifier à des parents curieux ?
Etre capable de se mettre en recul par rapport à son propre environnement sans se sentir en danger. Certains enfants ont peur d'être mieux à l'école que dans leur famille.
Pour les écoliers la situation est basée sur un certain équilibre ; il lui faut jouer entre deux milieux : sa famille et la classe. Si les deux s'entendent trop bien l'enfant peut se sentir coincé, par contre il vaut mieux qu'il y ait une reconnaissance réciproque.

Au niveau de l'enseignant


Il lui est souhaitable de bien posséder ce qu'il a à retransmettre pour avoir l'esprit disponible ; doit-il en savoir beaucoup pour cela ?

Qu'il soit reconnu dans son statut et qu'il se sente autorisé à avoir une certaine autorité, mais aussi une certaine liberté.

Qu'il ait une méthode mise au point par lui-même en fonction de ce qu'il a appris et en fonction de ses observations !
Qu'il s'en serve comme un outil

Qu'il aime...ce qu'il fait


Il est souhaitable ...

qu’il y ait une adéquation entre les possibilités d'acquisition de l'élève et ce qui lui est demandé. On retrouve là l'importance de l'observation.

Que les références vécues par l’enseigné soient prises en considération !
On accepte de comprendre qui si on retrouve quelque chose que l'on sait déjà, c'est à dire aussi si on retrouve quelque chose de soi-même. (Voir la loi de la « proximité » de Pestalozzi). Par ailleurs l’intérêt vient aussi de quelque chose de nouveau, mais dans une proportion moindre.

Le respect du rythme de l'enseigné est essentiel car l'enseignement ne peut se faire sans espace ni sans temps libre, pour que l'élève puisse s'approprier le savoir. Le temps n'est pas toujours laissé et bien souvent l'élève est obligé de le prendre (rêverie, bavardage, absences diverses... ). Il est par contre, institutionnalisé par les contrôles, les devoirs du soir, oû l'élève est censé se mémoriser ce qu'il a appris. Il y a des pédagogies qui permettent à l'enseigné de se lever, d'aller chercher un dictionnaire ou toute autre documentation, pendant ce temps il assimile.
Il y a aussi l'ennui qui fait partie de l'espace pédagogique, il faut accepter qu'il existe, mais on peut aider l'enfant ou l'apprenant à observer quand il « décroche ».

La notion de territoire est importante. Les enfants difficiles ont besoin de plus d'espace. Les enfants qui n'ont pas de problèmes particuliers n'ont besoin que d'une » bulle » d'un mètre, les autres ont besoins du double et même plus.
Il faut que l'enseignant respecte le territoire de l'élève, s'il se déplace de trop et surtout sort du champ visuel des enfants cela peut en gêner certains. Il ne vaut mieux pas non plus toucher l'élève ou le prévenir qu'on va pénétrer dans son territoire.
Ainsi la disposition dans la classe est importante. Un enfant calme calmera un autre plus instable en étant à coté de lui. Un mur, le mobilier, les élèves chaleureux peuvent aider à neutraliser l'angoisse.
Une trop grande tension musculaire interfère négativement dans l'acquisition des connaissances. L'enseignant peut aider un élève à s'auto évaluer sur ce plan et lui apprendre à se calmer.
Souvent dans une situation d'apprentissage nouveau il y a un sentiment d'inconfort, d'indécision ou d'ennui.
La situation dans laquelle la personne se trouve pendant un raisonnement la rend vulnérable parce qu'elle est coupée de l'environnement ce qui explique que certains enfants ont du mal à se concentrer.
Quand il y a concentration le système nerveux se charge de régulariser la respiration, ralentir le pouls relâcher la musculature. Pour le raisonnement la respiration devient moins profonde, le pouls s'accélère.

Il est indispensable d'ajuster la demande aux possibilités et au stade de développement mais aussi à la maturité et aux intérêts surtout pour la formation des adultes où il arrive que les thèmes choisis infantilisent ( quelque fois les enfants aussi sont infantilisés).
Mesurer ce qui est demandé, ne pas en faire de trop. Ne pas faire comme ce que l'on fait maintenant au niveau de la sur stimulation sensorielle. (Attention aux habitudes données par la T.V.) Savoir être modeste.
Etre cohérent dans ce que l'on demande, là aussi ne pas trop s'éparpiller.
Prévenir de ce qu'on va faire et voir si cela a un objectif dans la tête de celui qui apprend
Surtout insérer le "dialogue pédagogique" ( voir A. de la Garanderie) permettre à l'apprenant de ne pas savoir, de savoir le dire, de savoir dire quoi.
Ce qui a été appris, le répéter de façons différentes (méthode Ramain et Feurstein.)




Quelques réflexions



La pédagogie est une rencontre, un rapport, entre l'enseignant, l'enseigné et un savoir. C'est un rendez-vous harmonieux ou un rendez vous manqué.


Soit l'enseignant "verse" son savoir, soit il le fait acquérir par l'enseigné.
Ce sont les deux modes pédagogiques principaux. Ne pas confondre enseigner, apprendre et faire apprendre (en français le terme est le même.)
Le pédagogue adapte son enseignement à celui qui écoute ; comme Omer qui choisissait un mythe en fonction de son auditoire !
L'enseignant a des fonctions variables soit:
la retransmission,
soit la création d'un environnement pour que l'élève lui-même fasse ses propres acquisitions.
Cela sous-entend des valeurs à atteindre. Reste à savoir lesquelles.
Que l'enseignant soit au clair avec cela tout en ayant un esprit critique quant aux courants de pensée de l'époque dans laquelle il vit!

En pédagogie on emploie la stimulation, le plus souvent auditive et visuelle et aussi la répétition.
Une pédagogie passe souvent par la diversité des stimulations et la répétition.
On s'adresse surtout aux possibilités d'imitation et de réception, mais il y a aussi les possibilités d'acquisition de l'élève à prendre en considération
Malgré tout il y a des observations dont on peut se servir de façon efficace. Par exemple, la prise en considération de ce que l'élève sait déjà et la part des intérêts réciproques sont importants.

Dans un processus d'apprentissage il y a deux démarches
- Identification de l'élève à un enseignement, à un savoir.
- Il y a aussi un travail à l'intérieur de soi même pour acquérir une méthode. C'est donc aussi une rencontre avec soi même, avec la façon dont on fonctionne et ce que l'on sait.
Ce travail est indispensable et doit être reconnu par l'enseignant.

 

Bibliographie

- Avanzini, G., "Introduction aux sciences de l'éducation", Toulouse, Privat, 1976
- Boillot Hervé;  Le Du Michel; "La pédagogie du vide: critique du discours pédagogique contemporain" PUF; 1993

- Chavel E.; "Les grands thèmes de la pédagogie", textes fondamentaux"; Le centurion; Sciences humaines, 1970

- Fabre Trocmé H., "J'apprend donc je suis", Les éditions d'organisation
- Meirieu Ph. , Guignard M.; "L'école ou la guerre civile",  Plon 1997

- Meirieu Ph; "Le choix d'éduquer, éthique et pédagogie"; ESF éditeur, Paris, 4 ième  édition, 1994

- Meirieu Ph; (en collaboration avec Michel Develay); "Emile reviens vite...ils sont devenus fou"; ESF éditeur; 2 ième édition; 1993

- Meirieu Ph; "L'envers du tableau- Quelle pédagogie pour quelle école?; "ESF éditeur, 3 ième édition; 1995

- Meirieu Ph; "La pédagogie entre le dire et le faire, ou le courage des commencements"; ESF, Paris; 1995
- Plaisance E.; "les transformation du système éducatif"; l'harmattan

- Plaisance E.; "Les sciences de l'éducation"; la Découverte

- Reboul O.; "Le langage de l'éducation: analyse du discours pédagogique" ;PUF, 1984

- Repusseau J., "La pédagogie", Seghers, col. Clefs Pour

Sites
http://attelagepeda.info/

Très intéressant sur le plan pédagogique! Même et surtout si c'est pour les chevaux

http://www.meirieu.com/

Site très riche, très documenté et généreux, pour tout pédagogue qui désire réfléchir.

Romans pédagogiques

Armand M.P. "la maîtresse d'école;  Presses de la cité; Pocket; 1995

 

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  • : 21/12/2009

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